Ordinary day

 

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A la recherche de la clef d'argent

1

Remontons le temps..


Nous sommes en décembre de l'année derniere , et , comme chaque matin, je me rends à mon travail. J'adore cet instant ou la ville s'éveille , et ou je marche à travers elle en regardant les rues désertes. Je travaillais comme pigiste chez un hebdomadaire consacré au monde de la nuit parisienne. Autant vous dire de suite que je n'avais pas beaucoup dormi. Un illustre chanteur américain venait féter son anniversaire dans la capitale la veille, et j'avais été convié à sa soirée privée dans une célébre boite située avenue des Champs Elysées. La fête fut assez réussie, et j'avais de quoi écrire un bon papier (quoique que "bon" pour mon style d'article parait vraiment exagere). Je n'étais pas reparti seul , mais j'eu la décence de laisser mon amoureuse jetable à une station de taxi tot le matin, car je ne me voyais pas partager mon déjeuner avec.


L'ambiance dans un journal en début de journée est surprenante : alors que tous les autres tricards des boites aux alentours en sont encore à l'heure café/déca pour raconter leurs soirées insipides à leurs collégues, les journalistes eux sont deja sur le qui vive. Dans notre domaine, l'information (ou potin plus précisement) s'écrit mieux lorsqu'elle est fraiche, et elle se vit mieux lorsque vous quittez tot. C'est pour ca que je ne dors qu'a partir de 16h. Je vis la nuit et le matin. J'aimes ca. Et de toutes facons, la fin d'aprés mid, c'est pour les mioches. J'ai passé l'age depuis longtemps.


Ce matin la était particulierement survolté. Les fetes de fin d'année approchaient , les 13 eme mois aussi, et seul les gens comme moi qui n'avaient personnes à qui souhaiter quoi que ce soit s'en foutaient. Je n'ai pas d'amis. Mes amis, comme mes amours sont jetables. C'est trés tendance le jetable, tous les produits actuellement le deviennent. On jette meme sa vie sur le net maintenant, au cas ou ca interesserait quelqu'un. Le jour ou on invente une famille jetable, je veux bien tester.


C'est pourtant ce matin la que tout commenca. Je n'avais rien en tete pour ce soir, et je pensais me refugier dans un bar des halles afin de savourer un joyeux moment d'ivresse solitaire. Mais ce n'etait pas exactement ce qui allait se passer. Alain, mon redac chef (40 ans, marié, deux enfant, une voiture, un abonnement au psg, dix crédits, des habitudes a Boulogne) m'adressa la parole dés mon arrivée (chose rare, d'autant plus etonnante que je ne me souvenais pas avoir "oublié" de rendre un papier récemment) :


Alain : Dis moi, t'as quelque chose de prévu ce soir ?


Moi : Attends, ce soir, ah ouai merde j'ai un truc hyper important !


Alain : bon tu le laisses tomber et tu vas a la nocturne chez Inim


Moi : Merde, sérieux, tu peux pas envoyer quelqu'un d'autre ? Ca va etre bourré d'écrivains chiants et de fils à papa.


Alain : Mais tu es quelqu'un d'autre


Conversation finie. J'etais quelqu'un d'autre effectivement, et j'avais le bon reflexe de ne pas trop titiller mon chef. Si vous voulez un temps soit peu etre tranquille dans votre vie , il y a deux preceptes fondamentaux :


-Ne jamais contrarier un supérieur hierarchique


-Ne jamais devoir quelque chose à quelqu'un


Simple nan ?

4.12.03 02:37


Debut

Je ne suis pas reellement fou. Tout pourtant pourrait vous indiquer le contraire : les murs capitonnés de ma chambre, les heures fixes où mon plateau repas est glissé à travers la fente de ma porte  et mes scéances de douche/traitement que je subis quotidiennement. Pour eux, je ne suis qu'un psychotique divaguant sur une eventualité qui ne leur effleure meme pas l'esprit.


Et si les fous en question étaient ces personnes qui , ne comprenant pas mes craintes, me cataloguent et me parquent dans un endroit clos dans l'espoir que je change d'avis, mon unique guérison possible. Thérapie ou endoctrinement de la pensée rassurante et majoritaire ? Je ne sais pas, je ne sais plus , et pourtant Dieu sait si je devrais le savoir.


Je me nomme Jebediah Peabody, et voici mon histoire..


à suivre..

10.8.03 21:54





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